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L’enseignement de la tentative de putsch de juillet 2016 dans les écoles turques : vers une nouvelle représentation du social en Turquie?

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Page de titre de la brochure rentrée 2017-2018 Ministère de l'Education Nationale turque
Page de titre de la brochure rentrée 2017-2018 Ministère de l’Education Nationale turque

Par Camille de Felice

Quelques semaines après les événements du 15 juillet 2016 au cours desquels une frange de l’armée turque avait cherché à s’emparer du pouvoir par la force, lors de la rentrée scolaire 2016-2017, les élèves des classes allant de la première primaire à la terminale ont vu intégré à leur cursus un programme spécial de commémoration consistant à revenir sur la tentative de putsch ainsi que sur les mobilisations populaires qui avaient suivi[1].

Si la première semaine a été presque exclusivement consacrée à des activités portant sur le « 15-Juillet »- souvent désigné par l’appellation « Légende du 15-Juillet[2] » ou même « Victoire de la Démocratie du 15-Juillet »[3] dans les discours du gouvernement et dans la presse, le déroulement du premier jour de cours a néanmoins eu la particularité – à l’image d’une pièce de théâtre – d’être entièrement déterminé par le Ministère de l’Education Nationale. Avec une marge de manœuvre relativement réduite, les enseignants ont dû respecter les directives précises faisant que la cérémonie dédiée au 15-Juillet se tenant dans l’ensemble des écoles de Turquie a été presque identique : discours aux paroles décidées à Ankara, spectacles où les élèves reproduisaient les événements de la nuit du coup d’Etat, exposition avec des photos des « héros » du 15-Juillet, récitation de poèmes et finalement distribution d’une brochure relatant en détail la version officielle, validée par le régime, de cet événement désormais incontournable de la vie socio-politique turque.

Cette première journée de classe a donné le ton à une année entière de commémorations qui se sont étendues jusqu’au 29 octobre 2017. Parmi les activités organisées relevons notamment l’écriture de lettres dans lesquelles les élèves pouvaient laisser libre cours à leurs émotions et impressions suite aux dudit événements, visite aux « lieux » du 15-Juillet- à savoir les places et rues investies par des pans entiers de la population qui se sont mobilisés en réponse aux appels du gouvernement à défendre et revendiquer la démocratie- visite également aux familles des héros et « martyrs » locaux, réalisation de panneaux où prenaient place citations, dessins ainsi qu’images de ceux qui « ont fait le 15-Juillet en se sacrifiant pour leur pays et pour préserver la démocratie » ou encore production de court-métrages disponibles directement sur le site des écoles voire même celui du Ministère de l’Education nationale.

Eskisehir Burcu Ekinci 28.09.2017 ilk ders 15 temmuz

Aux termes d’une année d’activités organisés dans les écoles, le gouvernement a été en mesure de produire une nouvelle brochure à distribuer dans les établissements lors de la rentrée 2017-2018, constituée cette fois des œuvres des écoliers. En parallèle de la publication de ce fascicule spécial, les événements du 15-Juillet ont commencé à être intégrés dans le cursus ordinaire, puisque désormais des sous-chapitres sont consacrés à ce sujet dans les manuels, notamment de sciences sociales, mais également de turc et de religion. Néanmoins l’intégration de ce sujet aux livres utilisés dans les classes n’a pas été effectués de manière homogène ; seuls les ouvrages ayant connu une nouvelle édition, postérieure à 2016, ont vu cet épisode être incorporé à leur programme. Toutefois, il est à prévoir que progressivement le 15-Juillet sera inclus dans d’autres manuels, dont ceux d’histoire, dans les années à venir.

 

Au-delà du seul enseignement de cette tentative de coup d’Etat, certes élevée au quasi rang de nouvel an zéro par plusieurs personnalités proches ou membres de l’AKP, c’est une nouvelle représentation du social qui est promue par ce biais. En effet l’école demeure le lieu idéal dont tout pouvoir cherche à s’emparer à des fins idéologiques dans le but d’imposer une représentation du social légitimant la domination d’un groupe sur un, voire des autres.

Dans le présent cas ceci passe par l’écriture d’une nouvelle histoire de la Turquie contemporaine. En effet, lors de la mise en récit de l’histoire qui est un processus inévitable lors de la construction des faits historiques, des éléments sont tus, oubli qui serait d’ailleurs, selon le sociologue Anthony D. Smith[4], nécessaire au fondement du discours nationaliste.

L’historien François Audigier souligne le fait qu’à travers les disciplines relevant des sciences sociales, à savoir la triade histoire-géographie-éducation civique- il y a une volonté du pouvoir d’atteindre des objectifs d’ordre idéologique en cherchant non seulement à communiquer des concepts et des valeurs à la génération qui constituera la relève mais également à transmettre- de manière sous-jacente- une représentation partagée du monde donnée, d’imposer un référent consensuel, acceptable par tous. Du fait du caractère obligatoire de l’école pour l’ensemble de la population d’un Etat, celle-ci demeure un lieu privilégié de la lutte pour le pouvoir symbolique et l’imposition d’une certaine représentation du social. Les enseignements dispensés constituent de fait les théories dominantes et orthodoxes d’une société et d’une époque données.

Eda Saygi 15-7 panosu (1)

L’introduction de références au 15-Juillet dans certains manuels s’inscrit plus largement dans une importante vague de réformes scolaires qu’on peut faire remonter à 2012 et aux nombreuses modifications notables qui avaient été alors approuvées. Lorsqu’interviennent des changements au niveau du programme ce sont également des variations du paradigme de sélection de ce qui sera enseigné qui sont à prendre en compte. Tout en conservant une majorité des incontournables de la tradition scolaire turque, on observe une volonté d’établir le 15-Juillet comme une date fondamentale ; constitutive non seulement de l’histoire turque mais de manière plus transcendante de sa destinée et de son identité ; étant comparable – et de fait comparée – à la conquête d’Istanbul en 1453, à la victoire de Çanakkale lors de la Grande Guerre ou encore à la déclaration de la République turque en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk.

L’enseignement représente pour tout pouvoir un espace à investir afin d’y asseoir une certaine représentation du social et donc, dans le présent cas, une certaine idée de la Turquie. En cela, Recep Tayyip Erdoğan, l’actuel président turc, se pose en concurrent de Mustafa Kemal, en cherchant à établir sa vision propre de la Turquie mais également de l’identité nationale et civique. Les ambitions ont pour objectif de dépasser et supplanter la figure légendaire d’Atatürk et de renouer avec la tradition ottomane qui assignait au territoire anatolien et aux Turcs un statut de leadership régional voire du monde musulman.

[1] DE FELICE Camille, L’enseignement du 15-Juillet dans les écoles turques : rupture ou continuité dans le processus de fabrique du citoyen républicain ? Observatoire de la Vie Politique Turque, décembre 2017

[2] 15 Temmuz Destanı

[3] 15 Temmuz Demokrasi Zaferi

[4] SMITH Anthony D., Nations and nationalisms in a Global Era, Polity Press, Cambridge, 1995

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Tentative de coup d’état en Turquie en 2016. Un témoignage de première main.

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Source: https://krytyka.com/sites/krytyka/files/styles/article_image/public/images/opinions/coup-democracy_wins_-_pano1en12rnks3_0.jpg?itok=KeBnafqF

Par Taner Toraman, traduit par Elsa Cailletaud.

Au cours de la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une faction des forces armées turques a tenté de renverser le gouvernement islamo-conservateur du AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi, « Parti de la justice et du développement »). De nombreuses questions demeurent à ce jour sans réponse concernant cette tentative de coup d’état, qui s’est soldée par un échec. Une chose est cependant certaine : ses conséquences ont été grandes et ses traces sont loin d’avoir disparu dans la vie politique turque.

Voici un compte-rendu des événements, transmis par un témoin qui désire rester anonyme. Il arrivait justement à Istanbul le soir du soulèvement.

Le vol.

Jet Coup« J’avais décidé de partir pour Istanbul le 15 juillet 2016 pour me rendre sur le chantier de ma maison et constater l’avancement des travaux. Au moment de mon départ de Suisse, je n’ai rien remarqué d’anormal. Ce n’est que peu de temps avant notre atterrissage que la première bizarrerie s’est manifestée : alors que nous apercevions déjà la ville, l’engin a accéléré et repris de l’altitude, puis il a viré en direction de la Mer de Marmara et tournoyé au-dessus pendant environ un quart d’heure. C’était louche.

Le coup d’état

Quand je suis arrivé sur la place Taksim, des gens chantaient et jouaient de la musique. Cela ressemblait un peu aux représentations qui se tiennent au parc Gezi les vendredi soirs, c’était comme une grande fête. Une foule de curieux observait la scène. Moi, j’ai pris le métro jusqu’à Sarıyer pour me rendre à mon hôtel. Là-bas, rien ne semblait avoir changé depuis ma dernière visite. Tout paraissait normal. À onze heures et demie pourtant, un appel m’a réveillé : une proche voulait savoir où j’étais, si tout allait bien, si je n’avais pas eu de problème. Elle m’a dit qu’un darbe (« coup d’état ») venait d’avoir lieu. Encore un peu endormi, j’ai cru qu’elle avait dit deprem (« tremblement de terre »).

Atatürk Intl. Airport
Photo par auteur

J’ai vu après avoir raccroché que ma femme, qui ne m’avait pas accompagné en Turquie, avait essayé de m’appeler plusieurs fois pendant mon sommeil. J’ai rappelé. Elle m’a dit que des reportages en direct à la télé diffusaient des images du putsch en Turquie et qu’elle s’inquiétait pour moi. Après ces conversations, j’ai décidé de sortir pour voir ce qui se passait. Il était un peu plus de minuit.

Rumelikavağı Boğaziçi İstanbul
Sariye Büyükdere

À l’extérieur régnait un climat étrange. Mon hôtel était situé à Büyükdere, un quartier près de Sarıyer. J’ai marché jusqu’à la rue principale, celle où se trouvent tous les cafés et les restaurants. Habituellement, le vendredi soir, c’est un endroit très animé. Cette fois, il était désert.

Un peu plus loin, je suis tombé sur un grand groupe : une trentaine de personnes qui faisaient la queue au distributeur d’argent. Ils m’ont dit qu’ils avaient peur de ne plus avoir accès à leurs économies dans les jours à venir à cause du coup d’état. En entendant cela, j’ai su que la situation était grave et la crise imminente : lorsque les gens se mettent à retirer de l’argent et à constituer des réserves de nourriture, c’est toujours mauvais signe.

Peu après, dans le quartier voisin, à Çayirbasi, j’ai atteint le poste régional de commandement des garde-côtes turcs du Bosphore. Pas un chat. Pas de garde-côte, pas de militaire, pas de policier. Pas le moindre représentant de l’État.

Sariyer

Au retour, j’ai décidé d’aller jeter un œil dans trois ou quatre cafés de Büyükdere, connus pour être des repaires sociaux-démocrates. Habituellement, ces cafés sont tellement bondés qu’il est difficile de trouver une place pour s’asseoir. Ce soir-là, ils étaient presque vides. Il y avait peut-être cinq ou six personnes qui jouaient aux cartes.

Plusieurs hommes politiques s’exprimaient à la télévision, notamment Ahmet Davutoğlu (alors premier ministre de Turquie) et Abdulla Gül (alors président de Turquie). Bizarrement, ce dernier parlait de façon très agressive, ce qui n’est pas son style du tout. Fait plus frappant encore : chacun appelait d’un endroit différent, mais, comme s’ils s’étaient mis d’accord à l’avance, tous avaient le même discours, selon lequel le peuple devait soutenir et protéger son gouvernement en descendant dans les rues. C’était vraiment étrange : la télévision diffusait les images de l’armurerie lourde déployée par les putschistes…et le gouvernement envoyait des civils sans arme pour les contrer ? Quelque chose m’échappait.

À deux heures, les muezzins de toutes les mosquées ont lancé leurs appels à la prière, puis, tout comme les hommes politiques à la télévision, un appel à la protection du gouvernement. Quiconque essayait de lui nuire serait sévèrement puni. Je n’en croyais pas mes oreilles : ils ne plaidaient pas pour la pacification, mais bien pour le combat ! Tout cela semblait irréel…

Les conséquences

À mon réveil, le lendemain matin à neuf heures, j’ai écouté les informations. Selon les estimations, environ 3 000 salariés des institutions étatiques, présumés sympathisants du mouvement putschiste, avaient été arrêtés. Je me suis demandé comment le gouvernement avait fait pour identifier aussi rapidement qui appartenait à quel camp, et surtout pour arrêter tous les suspects au cours de cette nuit chaotique.

Dehors, tout était toujours très calme. Il n’y avait pas un seul taxi ou bus en service, ni de minibus, véhicule qui pullule habituellement dans les rues d’Istanbul. Sur mon chemin, je suis passé de nouveau devant les postes des garde-frontières et de la police locale. Il n’y avait toujours personne, mais les gros bus publics avaient été garés devant l’entrée de la gendarmerie. J’ai d’abord pensé qu’ils allaient servir à transporter les soldats rapidement d’un poste à un autre, mais j’ai appris plus tard qu’ils étaient là en réalité pour assurer la sécurité des bâtiments paramilitaires en empêchant une éventuelle charge des tanks des factions putschistes. La police se protégeait, mais ne protégeait pas les civils.

Au cours de la journée, les informations diffusées par les médias sont devenues si absurdes qu’avec un soupçon de bon sens, il était impossible de les croire. À midi, Fethullah Gülen, homme auparavant respecté et adulé, était subitement devenu le terroriste Fetö, et, bien que le coup d’état ait été un échec total, les journalistes semblaient affirmer qu’il avait réussi à contrôler secrètement tous les pouvoirs militaires, économiques et judiciaires de Turquie avant le putsch.

L’exhibition des symboles nationalistes a commencé. Avant le coup d’état, les supporters du AKP ne semblaient pas très attachés au drapeau turc, mais, d’un seul coup, ils se sont tous mis à l’agiter au sein de grands cortèges, au son de marches de l’Empire Ottoman, en criant « Allahu Akbar ! » (« Allah est grand ! »).

Le MHP (Milliyetçi Hareket Partisi, « Parti d’action nationaliste ») a rapidement rejoint ces manifestations. Dès le premier jour après le coup d’état, son dirigeant a assuré le AKP de son soutien et les deux partis ont formé une alliance.

En marge de tout cela, certains manifestaient pour la protection de la démocratie et de la liberté.

C’est dans cette situation qu’était la Turquie lorsque je l’ai quittée pour retourner en Suisse, après avoir vérifié l’état d’avancement du chantier de ma maison.

 

Infiltrer la frontière hispanique en quatre jours : mission possible !

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Par Valentina San Martin

Une arrivée réussie.

En l’espace de quelques jours, plus de 850 migrants africains sont parvenus à pénétrer l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc en forçant les grillages à la frontière. Et ce sur fond de tension entre Bruxelles et Rabat[1].

Lundi 20 février 2017 vers 3h30 du matin, près de 600 migrants subsahariens ont tenté d’entrer à Ceuta et «359 ont réussi», a indiqué la préfecture de l’enclave dans un communiqué[2].

Après avoir cassé les portes d’accès avec des cisailles et des marteaux, ils ont réussi à entrer en Europe. Ces faits s’étaient déjà produits «dans la même zone difficile à surveiller le 17 février 2017 : 498 migrants avaient réussi à passer au même endroit », a ajouté un porte-parole de la préfecture.

Différend Rabat-Bruxelles

Depuis que Rabat est en froid avec Bruxelles, le pays a menacé à demi-mot de relâcher le contrôle exercé sur les migrants qui, une fois sur le sol espagnol, peuvent demander l’asile et s’installer dans l’UE. En effet, un différend oppose le Maroc à l’EU concernant l’interprétation d’un accord de libre-échange sur les produits issus de l’agriculture et de la pêche. Dans un arbitrage rendu fin 2016, le Cour de justice européenne avait décidé que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée par Rabat, n’était pas concernée par cet accord. Les opérations commerciales entre le Maroc et certains pays européens sont donc actuellement en sursis[3].

Le 6 février 2017, le ministère marocain de l’Agriculture avait prévenu que l’Europe s’exposait à un «véritable risque de reprise des flux migratoires»[4].

Les bonnes relations entre l’Espagne et le Maroc non altérées

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a toutefois estimé que le Maroc avait fait de son mieux pour contenir cette nouvelle vague de migrants. Après de longs périples, ils attendent par milliers au Maroc l’occasion de tenter de forcer le passage vers Ceuta et Melilla.

«Les  responsables des forces de sécurité marocaines ont fait tous les efforts possibles et je leur en suis reconnaissant», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Malaga, sur la côte sud de l’Espagne. «Ce qui se passe, c’est qu’il y a des batailles qui ne sont pas faciles», a-t-il poursuivi, qualifiant de «magnifique» la collaboration avec le Maroc, et affirmant que les relations entre Rabat et Madrid n’avaient jamais été meilleures[5].

Et après ?

Dans la nuit, le média local El Faro de Ceuta a pu filmer des dizaines de jeunes Africains dans les rues de Ceuta. Ces derniers dansaient de joie ou embrassaient  le sol de l’enclave espagnole, en criant «merci Seigneur» ou «je suis en Europe!».

Selon Isabel Brasero, porte-parole de la Croix-Rouge à Ceuta, il n’y a pas eu de blessés graves parmi eux. «Nous avons transféré onze personnes à l’hôpital, huit avaient besoin de points de suture et trois devaient passer une radio», a-t-elle annoncé. Et selon la préfecture, deux gardes civils et un immigrant ont été soignés pour des blessures plus graves.

Le Centre de séjour temporaire pour les immigrants (CETI) déborde de candidats à l’asile: «nous avons environ 1 400 personnes au CETI, pour une capacité d’accueil de 512», a précisé le porte-parole de la préfecture.

Pour les abriter, cette dernière a demandé une armée de tentes et une cuisine de campagne, qui devaient être installées sur le parking d’un centre équestre voisin. L’ONG a également distribué à chacun un kit contenant des vêtements neufs, des chaussures et des couvertures alors que le temps était à la pluie et au vent.

Néanmoins, la suite pourrait s’annoncer plus compliquée. L’enclave de Ceuta constitue, avec celle de Melilla, la seule frontière terrestre entre le continent africain et l’Union européenne (UE). Et en ces temps difficiles où la droite nationaliste européenne monte en puissance, une surveillance plus sévère pourrait éventuellement voir le jour.

Alors que les périples migratoires s’apparentent à des trajets longs, dangereux et une arrivée compliquée, le débarquement de ce mois de février est plutôt étonnant. Des relations internationales intactes, aucun mort ni blessé grave, tout cela suivi de chants une fois arrivés en terre européenne : la traversée relève de l’exception. Mais qu’en est-il de la communauté internationale ? Ce débarquement soudain pourrait-il en effrayer quelques-uns au point en Europe? A voir. En attendant, la mission migratoire que certains souhaitent impossible, détient peut-être une faille, et elle se nomme Ceuta.

[1] Revendiquée par le Maroc, l’enclave constitue, avec celle de Melilla, la seule frontière terrestre entre le continent africain et l’UE. Elle est un point de passage pour l’immigration clandestine venue d’Afrique noire et du Maghreb. Depuis le milieu des années 2000, elle est entourée par une double clôture grillagée de huit kilomètres de long.

[2] http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2017/02/21/Ceuta-la-porte-forcee-de-l-Europe-3009374

[3] Lire d’avantage sur https://www.letemps.ch/monde/2017/02/20/pres-300-migrants-ont-force-frontiere-ceuta; http://www.huffpostmaghreb.com/2017/02/06/maroc-union-europeenne_n_14631432.html

[4] http://www.huffpostmaghreb.com/2017/02/06/maroc-union-europeenne_n_14631432.html

[5] https://www.lorientlejour.com/article/1036261/plus-de-850-clandestins-forcent-la-frontiere-de-ceuta-en-4-jours.html

Notre monde a simplement besoin d’humanité.

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La conférence GIMUN 2017

Par Mawuli Affognon.

Ce sera mon dernier pour la 18ième conférence annuelle de la Geneva International Model United Nations 2017. Je préfère vous le dire. Je déteste écrire à la première personne. Je n’aime pas raconter ma vie, pas parce que je trouve qu’elle n’est pas intéressante, mais parce que c’est comme ça. Du 25 au 31 mars 2017, j’ai observé des jeunes du monde entier débattre de divers sujets. J’ai vu de la conviction, des émotions et des éclats de rires. J’ai côtoyé des jeunes ambitieux, soucieux de leur image et déjà sous la pression de la réussite sociale. C’est la première fois que je séjourne plusieurs jours à Genève. Souvent, elle n’est que la ville de transit vers d’autres destinations du globe. Elle est belle, cette ville helvétique, belle de ces buildings, mais surtout de toutes ces personnes des 5 continents. J’ai été marqué par le regard de la dame qui a servi le menu NATURA au restaurant, toute cette semaine. J’aurai voulu avoir son avis sur les questions qui ont occupé nos délégués tout au long de ces six jours. A-t-elle une opinion sur la politique internationale ?

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Dans ces belles institutions aux murs impressionnants, parfois, on oublie très vite les petites mains. La dame qui se réveille très tôt pour faire le ménage, le jardinier qui s’occupe des fleurs ou le cuisinier qui derrière ses fourneaux s’activent pour l’appétit des dames et sieurs bien sapés. J’ai bu beaucoup de café cette semaine pour pouvoir tenir le rythme. Je suis arrivé à Genève, dans la nuit du 24 mars, de Paris où j’ai participé à la Semaine de l’apprentissage mobile de l’UNESCO pour le compte de l’association KEKELI LAB basée au Togo. C’est dire que je suis arrivé dans la ville au jet d’eau, fatigué. Mais cette expérience, je voulais la faire. J’avoue que je n’ai pas bu que du café, chocolat vanille et lait vanille ont également été mes boissons préférées. Voilà, je me suis confessé. J’ai eu l’honneur de rencontrer la dame qui s’occupait de la grande machine à café. Oui, ça a été un immense honneur de rencontrer celle qui rendait possible la magie. Je pense que notre monde gagnerait beaucoup en paix, si nous avions l’humilité d’observer et de donner la parole à celles et ceux qui souvent ne l’ont pas. Je ne vais pas faire long pour ne pas laisser échapper mon train pour Lausanne.

Dans quelques années, j’espère que tous ces jeunes qui ont simulé des négociations onusiennes ne perdront pas leur innocence, leur foi en l’humanité et leur désir d’un monde meilleur. Nombreux d’entre eux représenteront les années à venir des gouvernements, des multinationales, des groupes d’intérêts puissants, vivement qu’ils ne cèdent pas à la face animale en chaque humain. Vivement qu’ils ne succombent pas à l’envie de destruction et d’avidité qui habite chaque humain. Quant à moi, je retourne à ma vie d’étudiant africain en Europe. Comme notre monde, je pense que j’ai besoin d’amour et de sourire.

GIMUN 17

Que vive GIMUN ! Que la paix règne sur toutes les familles dans les régions du monde où l’avidité de la plus-value et la folie meurtrière des gachettes rodent !

La conférence de GIMUN était un événement inoubliable.

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Par Loubna Chatta/Traduit par Lucie Chatelain.

Preparation week end at UNIbastion
Un selfie à l’Uni-Bastions durant la semaine de préparation.

 

Il y a quatre mois, des centaines d’étudiants provenant du monde entier se sont réunis à Genève au siège de l’ONU pour la conférence annuelle de GIMUN. Une semaine durant laquelle le temps s’est arrêté et quasiment toutes les barrières se sont abaissées. L’enthousiasme autour de cet événement est incomparable ! Tout commence quand vous soumettez votre candidature de participation. Je pense que pour la plupart d’entre nous, ça commence par un acte de foi et quelques attentes par-ci par-là. Jusqu’à la réception de ce premier email : « Félicitations, vous avez été sélectionné(e) pour la 18e conférence annuelle de GIMUN ». La nouvelle qui embellit votre journée.

 Et c’est là que la véritable aventure commence.

Pendant la conférence, chacun d’entre nous a dû, quelle que soit notre mission, se mettre au travail : écrire des guides d’études, rédiger le journal (The GIMUN Chronicles), préparer le programme, les propositions, et bien plus encore.

 

Fun Final Group picture
La photo officielle par Tatyana Gancheva.

 

Puis est arrivé le Grand jour. Le 25 mars. Nous nous sommes tous rassemblés à Uni Bastions. Et même si l’on avait tous plus de 18 ans, on pouvait ressentir une atmosphère bon enfant — ce que l’on peut éprouver à tout âge, comme lorsque l’on découvre un nouvel univers ou que l’on rencontre l’amour de sa vie.

C’était un samedi, premier jour de la préparation du weekend. Puis est arrivé le lundi, notre tout premier jour de travail dans l’enceinte de l’ONU. Première rencontre des personnes avec lesquelles on avait communiqué via Whatsapp ou par email. Échange des impressions et des attentes. Et, bien évidemment, préparation intense de toute la conférence.

Pendant cette semaine au siège de l’ONU, j’ai eu l’impression qu’on avait tous vécu une expérience plus ou moins bouleversante.

 

Geneva Tour
Tour de Ville de Genève. Par Tatyana Gancheva

 

Quand j’ai commencé à travailler en tant que journaliste, j’ai été dès le départ impressionnée par l’implication des délégués — la plupart d’entre eux avaient l’air si jeunes, mais ils n’en étaient pas moins préparés et enthousiasmés par leurs sujets.

Je les ai observés toute la semaine. J’ai remarqué qu’ils se sentaient plus à l’aise et devenaient plus professionnels au fil des jours. Et j’ai compris : tel était leur amour pour la diplomatie. De fait, elle a le pouvoir de rassembler les opinions de chacun, avant et au-delà de toute chose. La diplomatie permet en effet de communiquer et d’être entendu, ce dont manque parfois le monde extérieur.

Je n’ai pas seulement acquis une expérience professionnelle pendant cette semaine, j’y ai aussi gagné une incroyable expérience humaine. Tout d’abord, avec l’équipe Presse et Média que je nommerai sans exagération « ma famille d’une semaine ». Puis avec tous les sous-secrétaires généraux que j’ai pu interviewer et grâce à qui j’ai pu découvrir les coulisses de la conférence.

 

Fun timea at Ethno Bar.
La soirée à Etno bar à Genève.

 

Enfin, viennent ces rencontres en tête à tête qui nous laissent des souvenirs inoubliables et nous encouragent à poursuivre un travail assidu. J’ai eu la chance de partager des moments avec des personnes qui ont fait le déplacement depuis l’Égypte, les États-Unis ou le Ghana par exemple, et avec qui nous avons pu partager les mêmes valeurs, les mêmes espoirs… et aussi le même humour !

 

Le film iranien « La Fête du feu » d’Asghar Farhadi: analyse genre.

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Par Bita Ibrahimi.

Le cinéma iranien est devenu le vecteur de la critique sociale et les femmes y tiennent un rôle important, de surcroit après la Révolution iranienne. Quasi inexistante au début de la Révolution, la présence de la femme devant et derrière la caméra s’affirme progressivement malgré les interdictions : les femmes doivent apparaitre à l’écran en hijab[1] et prôner la chasteté[2], en faisant de la situation de la femme en Iran « un cinéma engagé» selon Asal Bagheri.[3]

Dans les films iraniens, les femmes ont un mode de vie qui impose d’accepter la domination masculine, elles sont réduites à des rôles traditionnels, en tant que mère, épouse et femme au foyer, et leurs activités sont  assez sommaires : elles s’occupent de l’éducation des enfants, se font belle pour son mari et s’attèlent aux tâches ménagères. De plus, ces films reflètent une image préfabriquée des hommes et des femmes : généralement, les hommes sont mis sur un piédestal et représentent l’autorité et le despotisme, alors que les femmes sont dépeintes péjorativement à travers une fébrilité, une dépendance et une beauté fatale, les clichés sexistes et machistes. Au fil du temps, l’obligation de l’hijab a conduit à représenter une image particulière des femmes dans le cinéma iranien par rapport aux cinémas des autres pays. Le rôle du cinéma iranien est important car il continue de véhiculer les images et les stéréotypes en les encrant dans des « normes » sociétales.

La représentation genre prend un rôle saisissant dans l’Iran actuel, il en est de même au cœur de cette analyse à travers le film d’Asghar Farhadi qui se considère comme l’un des plus importants réalisateurs en Iran et dans le monde. Farahdi, un scénariste et réalisateur iranien,[4] est connu dans le monde cinématographique, son film, La Fête du feu (2006), a rencontré un succès non négligeable en Iran, tout en ayant remporté des prix dans deux festivals étrangers, à Nantes et Chicago.

Une plongée dans l’intimité d’un couple iranien à l’épreuve d’une infidélité conjugale.

Le film est dédié au sujet principal : un couple iranien à l’épreuve des obstacles de la vie. L’action se déroule durant le nouvel an iranien, la Fête du feu[5], Chaharshanbeh Suri, d’origine persane, interdite par les mollahs, pendant laquelle des luminaires et décorations sont installés dans les grandes villes et où des feux sont allumés. Ce contexte de fête populaire n’est pourtant que la toile de fond du drame intime d’un jeune couple iranien qui se déroule en intérieur et met en lumière trois personnages principaux féminins.

La première femme apparaissant dans ce film est une femme de ménage, Rouhi, d’une famille pauvre et pieuse, qui fait du ménage hebdomadaire et vient pour le dernier nettoyage traditionnel avant le passage au nouvel an[6]. Rouhi est fiancée et cherche à gagner de l’argent pour son mariage. Dans le film, Rouhi représente une femme pauvre, provinciale et croyante, qui porte le tchador.[7] Pendant le film, elle regarde tous les évènements en tant que spectateur. Elle est une personne passive et elle ne parle pas beaucoup, de surcroît, le réalisateur la représente comme une femme satisfaite de sa vie et de sa condition générale, même si par la suite le spectateur découvre les éléments de l’intrigue à travers son regard. De son rôle passif, elle occupe, par la suite, une place très importante au niveau de la narration.

La deuxième femme du film est Mojdeh, la femme chez qui Rouhi vient faire le ménage. Elle vient d’une famille de la classe sociale aisée et n’est pas croyante. Mojdeh a les cheveux courts, elle ne cuisine pas, ne respecte pas les devoirs d’une femme au foyer (selon les normes sociales) et elle n’a pas une apparence féminine à proprement parler. La troisième s’appelle Simin. Elle est la voisine de Mojdeh qui est coiffeuse. Elle est divorcée. Le réalisateur ne donne pas de détails sur sa vie, mais on sait que le mari (Mojtaba) trompe sa femme (Mojdeh) avec Simin.

Les figures féminines sous contraintes.

Bita film 2Le film montre les pressions sociales, économiques, religieuses qui pèsent sur la femme iranienne suivant différentes classes sociales. Toutes les femmes en Iran subissent une pression énorme, mais l’homme reste le maitre absolu de la femme. Dans l’exemple de Rouhi, le réalisateur montre un niveau de classe sociale défavorisée et Rouhi pense demander la permission de s’épiler les sourcils à son mari, ce qui froisse Mojdeh : « avoir l’accord de son mari pour faire épiler ses sourcils ? ». Pourtant Rouhi insiste, car c’est à son mari de décider, même si ce geste est anodin, car il est tout à fait normal de demander la permission en Iran. Son mari la « domine » physiquement aussi.

A la différence de Rouhi, Mojdeh vient d’une famille modérée et elle ne demande aucune permission à son mari. Cependant, elle subit aussi les violences sociales et physiques des hommes et, en l’occurrence, de son mari. Dans une scène, son mari la frappe, et le réalisateur la montre en train de pleurer dans un taxi. A part la violence physique, cette scène décrit le statut de victime de la femme dans la société patriarcale iranienne. Les pleurs sont un autre signe de la faiblesse féminine. Mojdeh pleure dans le taxi et elle pleure dans sa salle de bain quand elle apprend que son mari la trompe. Mais que pourrait-elle faire à part pleurer ? La femme n’a pas légalement le droit de demander le divorce[8], tandis que l’homme peut décider unilatéralement de divorcer. Elle ne peut rien faire pour changer la situation. De plus, dans une scène où le fils de Mojdeh est en train de pleurer, un homme (l’ami de Mojtaba) lui dit « Un homme ne pleure jamais ! », les larmes sont des signes de faiblesse, et donc l’apanage des femmes.

En outre, Mojtaba met la faute sur sa femme qui, selon lui, n’est pas assez féminine. Il se plaint : « je ne me souviens pas de la dernière fois qu’elle a cuisiné. Demande aux voisins s’ils sentent des odeurs de cuisine ». Faire la cuisine est le devoir par excellence de la femme iranienne, son signe de féminité et de sa condition sociale.

Quel est le rôle de la femme dans le cinéma iranien ?

Généralement, les femmes jouent un rôle important dans le cinéma iranien.  Au début, la place des femmes dans le cinéma iranien était caricaturée car les femmes sont mises en scènes en tant que personnes dépendantes des hommes et, la plupart de temps, elles sont représentées par des femmes satisfaites de leur soumission, tandis que les hommes apparaissent comme des personnages charismatiques, confiants et qui défendent leurs croyances. Au fil du temps, ce statut change dans les films. Parfois, ce sont elles qui prennent des initiatives pour débloquer des situations. Dans ce film, le réalisateur essaie de changer le rôle statique des femmes en montrant des intrigues à travers leurs regards, leurs perceptions, et, par conséquent, nous place en empathie avec les femmes, avec ce qu’elles ressentent. Pourtant, comme nous l’avons déjà mentionné, les signes de la suprématie masculine et du regard masculin de réalisateur se reflètent de manière évidente dans le film. Les femmes sont réduites à quelques émotions telles que la colère, l’anxiété, l’irritabilité et les pleurs. En somme, Asghar Farhadi voudrait dépeindre la réalité du statut féminin dans la société contemporaine iranienne mais ce qui est flagrant ici, c’est qu’il ne montre pas le statut réel des femmes. En effet, il voit les évènements sous un regard masculin et cela influence sa représentation de la condition des femmes dans le film La Fête du feu.

[1] Signifiant voile ou rideau en arabe, le hijab désigne le voile islamique qui ne recouvre que les cheveux. Il peut entourer tout le visage ou être attaché de manière un peu plus lâche laissant dépasser quelques mèches de cheveux. Voir la différence sur https://www.letemps.ch/monde/2016/08/22/burqa-hijab-difference-entre-voiles-expliquee-trois-minutes

[2] Pour les femmes en Iran, les rapports sexuels hors mariage sont prohibés et l’adultère réprimé par la lapidation. Le contrôle de la sexualité féminine constitue la garantie de la chasteté même de la société. Voir l’explication complète sur https://blogs.mediapart.fr/irani/blog/040416/iran-la-condition-feminine

[3] Cité dans « Et la censure créa le cinéma des femmes iraniennes » https://www.opinion-internationale.com/2016/01/26/et-la-necessite-crea-le-cinema-des-femmes-iraniennes-entretien-avec-asal-bagheri-specialiste-du-cinema-iranien_23169.html

[4] Lire davantage sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Asghar_Farhadi

[5] Les luminaires et le feu symbolisent l’espérance d’un éclaircissement, et d’un bonheur radieux pour l’année à venir des multitudes de feux et de pétards sont allumés dans les rues.https://fr.wikipedia.org/wiki/Chaharshanbe_suri

[6] Norouz, le 21 mars selon le calendrier iranien, le dernier nettoyage de l’année avant l’arrivée de Norouz est une tradition iranienne.

[7] Le tchador est une pièce de tissu en forme de demi-cercle porté en Iran. Il masque à la fois les cheveux et la forme du corps. Les femmes doivent le tenir avec les mains pour qu’il ne tombe pas. Il était à l’origine porté durant la prière avant de devenir obligatoire dans la rue. Le chah l’a interdit en 1936, mais à partir de 1979 et l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeiny, il a été remis à l’honneur. Lire davantage sur https://www.letemps.ch/monde/2016/08/22/burqa-hijab-difference-entre-voiles-expliquee-trois-minutes

[8] Selon la loi islamique, le droit de divorcer est un privilège de l’homme. A l’article 1133 de la loi civile islamique, il est dit en effet qu’un « mari a le droit de divorcer de sa femme en tout temps ». Le droit de la famille tel qu’il est en vigueur confirme ce droit de répudiation unilatéral (le talaq), tout en aménageant certaines restrictions. Le mari doit demander au tribunal une disposition pour enregistrer le divorce si la femme s’oppose au divorce. Le tribunal a pour tâche d’essayer d’abord de parvenir à une conciliation. Si une réconciliation n’est pas possible, l’homme peut alors divorcer de sa femme sans autres conditions.

 

Pourquoi des avancées différentes sur le chemin des objectifs du Millénaire pour le développement ?

Publié le Mis à jour le

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Source: Http://www.mdgmonitor.org

Par Florence Goodrham, traduit par Joris Bervoet

Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), fixés en 2000 par un accord international, constituent probablement la tentative la plus importante jamais menée pour vaincre la pauvreté. L’ONU a défini huit objectifs pour le développement afin de réduire substantiellement la pauvreté dans le monde d’ici 2015. En ligne de mire, des droits humains fondamentaux : les droits de chaque personne sur Terre à la santé, à l’éducation, au logement et à la sécurité. Les causes des progrès hétérogènes en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement peuvent être déterminées en examinant différentes régions, dont l’Afrique subsaharienne, l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud ainsi que l’Amérique latine et les Caraïbes. Lire la suite »