Pourquoi des avancées différentes sur le chemin des objectifs du Millénaire pour le développement ?

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Source: Http://www.mdgmonitor.org

Par Florence Goodrham, traduit par Joris Bervoet

Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), fixés en 2000 par un accord international, constituent probablement la tentative la plus importante jamais menée pour vaincre la pauvreté. L’ONU a défini huit objectifs pour le développement afin de réduire substantiellement la pauvreté dans le monde d’ici 2015. En ligne de mire, des droits humains fondamentaux : les droits de chaque personne sur Terre à la santé, à l’éducation, au logement et à la sécurité. Les causes des progrès hétérogènes en vue d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement peuvent être déterminées en examinant différentes régions, dont l’Afrique subsaharienne, l’Asie de l’Est, l’Asie du Sud ainsi que l’Amérique latine et les Caraïbes.

Premièrement, l’Afrique subsaharienne est loin d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Tout d’abord, ce peu de progrès pourrait s’expliquer par une pauvreté persistante. Dans la région, 48,5 % de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour et 69,9 % avec moins de 2 dollars par jour. Avec un peu plus de 910 millions d’habitants, ce pourcentage signifie que 637 millions d’individus environ se trouvent sous le seuil de pauvreté en Afrique subsaharienne. Cette pauvreté est alimentée par des progrès timides sur le plan du développement économique en raison d’un commerce et d’une participation à la mondialisation anémiques. Aucun siège de société transnationale n’est basé en Afrique subsaharienne. De plus, des problèmes particuliers, tels qu’une alimentation adéquate insuffisante, ont été exacerbés par la guerre, les conflits, la sécheresse, la désertification et la croissance démographique. Pas moins de 28 États d’Afrique subsaharienne ont été en guerre depuis 1980, a souligné l’organisation de développement international ID21. Enfin, le désert médical en Afrique subsaharienne l’a empêchée d’être en mesure de s’atteler aux objectifs du Millénaire pour le développement, tels que la réduction de la mortalité post-infantile et l’amélioration de la santé maternelle.

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Deuxièmement, on peut observer que l’Asie de l’Est a pu efficacement progresser sur certains objectifs mais en a manqué d’autres de peu. La croissance continue de l’économie chinoise a soutenu le développement dans toute l’Asie orientale. Ainsi, les bénéfices de la croissance de la prospérité et de l’emploi en Chine ont été nets car industrialisation et urbanisation permettent d’expliquer la diminution de la pauvreté. L’investissement dans la médecine et les hôpitaux, conjointement à une augmentation des naissances dans les zones urbaines, contribue à la réduction de la mortalité maternelle. Toutefois, le vieillissement de la population chinoise a conduit à un recul de la main-d’œuvre agricole, d’où le risque d’aggravation de la faim. Malgré ce danger, le taux d’extrême pauvreté en Asie orientale a chuté de 61 % en 1990 à seulement 4 % en 2015 en conséquence des progrès en Chine. Le Caucase et l’Asie centrale, l’Asie orientale, l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est ont atteint la cible fixée en matière de nutrition principalement grâce à la croissance économique rapide des vingt dernières années. La Chine à elle seule contribue quasiment aux deux tiers de la réduction du nombre de personnes sous-alimentées dans les régions en développement depuis 1990.

En Asie du Sud, la croissance démographique rapide de l’Inde se poursuit. À l’inverse de l’Asie de l’Est, à cause de l’urbanisation relativement faible en Inde, les villages des zones rurales obtiennent une assistance a minima pour nourrir une population en hausse, d’où une incapacité à répondre à l’objectif d’éliminer l’extrême pauvreté et la faim, comme l’a illustrée la crise alimentaire nationale entre 2007 et 2010. Néanmoins, l’accroissement de l’aide et de l’investissement en Inde peut expliquer les progrès positifs sur le plan de l’éducation. Qui plus est, au début des années 2000, les prix bas de l’or noir ont massivement stimulé le développement de pays qui dépendent grandement de pétrole importé, à l’instar de l’Inde. Cependant, des pays tels que le Pakistan et l’Afghanistan ont souffert de la guerre et des conflits, ce qui peut limiter voire annuler les avancées. L’Asie du Sud a réalisé le plus de progrès quant à la réduction de son taux de mortalité infantile (TMI). Cette évolution pourrait s’expliquer à la fois par des dépenses publiques en hausse, car le TMI auparavant élevé était considéré comme un problème majeur, entravant croissance économique et développement social, et par les nouvelles technologies, qui peuvent être diffusées aisément au plus grand nombre. Hormis la mortalité post-infantile, les progrès ont été étonnamment faibles. Il semblerait qu’ils soient imputables à la pauvreté et à la faim, répandues dans les bidonvilles. Il peut manquer en outre d’une volonté politique de s’attaquer au reste du problème.

Somme toute, on peut en venir à la conclusion que les progrès hétérogènes en vue d’atteindre les OMD dans différentes régions du monde peuvent être attribués aux niveaux de développement, aux guerres et aux conflits, à l’industrialisation et à la croissance économique. L’Asie de l’Est est le territoire qui a accompli le plus d’objectifs et enregistré le plus de progrès. Elle a connu un développement économique et une industrialisation rapides et peu de conflits. L’Afrique subsaharienne est le mauvais élève en raison d’un commerce atone et d’une participation à la mondialisation limitée tandis qu’elle fait face à un grand nombre de conflits et de difficultés sur le terrain.

L’espoir renaît : mon expérience à GIMUN.

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Photo par Tatyana Gancheva.

 

Par Ashlee Pitts

Traduit par Lori Favier et Rémy Weber.

Cette année, j’ai participé pour la seconde fois à la conférence annuelle Geneva International Model United Nations en 2017. Au vu de ma première expérience et des souvenirs mémorables que j’en garde, je n’étais pas surprise d’apprendre que cette conférence annuelle constituait en fait pour certains participants la troisième, quatrième ou cinquième dans laquelle ils étaient amenés à jouer un rôle.

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Photo par Tatyana Gancheva.

 

L’opportunité de développer un réseau de contacts global, les échanges interculturels, les simulations de négociations et la possibilité d’améliorer mes compétences en communication verbale et écrite ont suffi à m’attirer. De plus, c’est sans aucun doute le fait que cette conférence d’une semaine se tienne en territoire onusien, dans la magnifique ville de Genève, qui a fait de ma décision de postuler comme journaliste l’une des plus faciles que je n’ai jamais eu à prendre. Un sentiment extraordinaire m’emplit lors de mon entrée à l’Office des Nations Unies de Genève. Je sens que je fais partie de quelque chose de spécial et de fédérateur. Toutes les personnes présentes dans ce bâtiment sont passionnées et engagées dans les affaires mondiales et dans les questions importantes. Elles ne se contentent pas d’en discuter autour d’un café, mais fournissent un réel travail afin de trouver des solutions concrètes. Comment ne pas être inspirée par cela ?

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Photo par Tatyana Gancheva.

 

Je veux m’investir. Je dois faire une différence, d’une manière ou d’une autre. Arpenter les couloirs et passer devant tant de visages, entendre autant de langues maternelles, cela donne un sentiment d’incroyable unité, même entre de parfaits étrangers, car il y a ce sentiment inhérent que, bien que l’on ne connaisse pas leur objectif à l’ONU, on peut être certain qu’eux aussi veulent faire une différence.

Aujourd’hui, les États-Unis, mon pays, sont profondément polarisés et divisés par une pléthore de questions liées à des différences d’idéologie politique, par des tensions raciales qui semblent ne jamais finir et par des polémiques sur la religion, la sexualité, les droits des femmes, les droits de la communauté LGBTQ, les droits de vote, etc. La liste n’est pas exhaustive. Au milieu de toutes ces disputes, insultes et malentendus, nous oublions que notre diversité est en réalité un de nos plus importants atouts. Après cette année tumultueuse et démoralisante des élections présidentielles, j’avais terriblement hâte de retourner aux Nations Unies. J’avais besoin de retrouver l’espoir que j’avais perdu quelque part en chemin entre la fin des primaires et Ia journée d’investiture de Donald Trump.

Spoiler alerte : je l’ai trouvé, l’espoir. Je l’ai trouvé chez les personnes que j’ai rencontrées à GIMUN et qui cherchent à combler les fossés de ce monde. Quand je me rappelle du temps passé avec mes collègues journalistes ainsi qu’avec les délégués, les interprètes et les présidents de comités, j’ai vraiment l’impression que nous parlions d’une seule et même voix, une voix qui refusait clairement d’accepter la haine, la division et les activités politiques partisanes comme étant la norme. Nous voulons des solutions, et je pense que chaque participant à cette conférence a dit à sa manière : je veux aider et je veux participer à ce processus. J’ai l’espoir que tous à la conférence joueront un rôle dans la création d’un monde meilleur pour les générations futures, et je suis certaine que cela sera le cas. La diversité de talents que j’ai pu voir parmi les participants me pousse à penser cela. Beaucoup d’entre eux ont amené un changement positif dans le monde de différentes manières, que ce soit dans le domaine de la gouvernance, de l’enseignement, du consulting, de l’écriture ou encore à travers la musique et l’art.

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Photo par Tatyana Gancheva.

 

À présent, j’espère que nous avons tous compris qu’un pays ou un chef d’État isolé ne peut pas à lui seul résoudre les problèmes graves et urgents de notre monde. Chacun d’entre nous aura un rôle à jouer pour trouver ces solutions. Ce ne sera ni rapide ni facile, mais si nous voulons la paix dans le monde, nous devons rendre les armes, lever la tête et avancer main dans la main, tout en comprenant que les pourparlers de paix et les négociations iront plus loin que la violence, l’intimidation ou la guerre psychologique. Je suis émue par mon expérience à la conférence GIMUN et, bien que celle-ci ait été ma dernière, les souvenirs engrangés et les leçons apprises resteront éternellement ancrés en moi.

 

L’empire ottoman aujourd’hui : un musée-souvenir en Turquie ?

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Photo de Camille de Félice.

Par Camille de Félice.

 La période ayant suivi la tentative de coup d’État en Turquie, survenu le 15 juillet 2016, a été caractérisée par un effort de remodelage de l’histoire. Ce phénomène de révision historique, déjà évoqué dans un précédent article de ce blog, est récurrent dans l’histoire de la Turquie depuis la déclaration de la République par Mustafa Kemal en 1923. Ce dernier décide alors de privilégier l’histoire préislamique du peuple turc, considérant la période ottomane comme une période réactionnaire et rétrograde qu’il faut rejeter. Cette volonté de manipuler l’histoire a connu un tournant avec l’arrivée au pouvoir de l’AKP (le Parti de la justice et du développement) en 2002. Ce parti, héritier de l’islam politique turc, se pose comme la voix d’une majorité jusque-là trop souvent ignorée, voire méprisée, par l’élite kémaliste. Cette prise de pouvoir a permis à la Turquie de se réapproprier les périodes islamique et ottomane de son histoire. Parmi les symboles de ce retour de l’héritage impérial auparavant refoulé, on trouve entre autres la multiplication des emblèmes du pouvoir ottoman[1], utilisés comme décorations, comme autocollants sur les pare-brises des voitures et les coques de portable, mais aussi les nombreux cafés dits « ottomans », la prolifération de vendeurs de glaces en costume correspondant en tout point à l’image orientaliste que l’on se fait du Turc ottoman en Europe, ainsi que la popularité de ce style dans les magasins d’ameublement. Lire la suite »

The GIMUN Chronicles, 31 mars 2017.

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EDITORIAL.

By Lama El Khamy & Michelle Bognuda

@Lamaelk_GIMUN | @mbognuda_gimun

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Alas, along with your final committee sessions comes our final issue. This conference had it all: fierce debates, laughs, and long queues (especially the fight for coffee!). We hope that your week has been as fun and successful as ours. The conference was filled with many surprises which made it all the more interesting, like for instance the opening ceremony concert. We have been graced with guest speakers and debates that have filled our brains with more information that we could ever ask for. Our last three guest speakers are featured in this issue, and we managed to get informative interviews with two of them.

Memories were made and friendships were created. Try to keep in touch with the people that you have encountered here, because they might just be the most important people you’ve ever met.

If you have not saved a copy of each of our issues and would like to see them again, do not worry, we have a solution for you. You can find us on the GIMUN website, or on GIMUN’s blog ‘UNO You Know’. We hope you enjoy your last read of the GIMUN Chronicles, 2017.

As a final word, we would like to share with you a quote from the eternal Dante Alighieri:

“Considerate la vostra semenza: fatti non foste a viver come bruti, ma per seguir virtute e canoscenza” (Inferno, XXVI)

 “Consider well the seed that gave you birth: you were not made to live as brutes, but to follow virtue and knowledge” (Inferno, XXVI)

Le contenu:

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Lisez le numéro en ligne:

https://issuu.com/nathborys/docs/friday_31st_march_gimun_newspaper

The GIMUN Chronicles, 30 mars 2017.

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EDITORIAL.

By Meryl Brucker & Valentina San Martin
@MerylBk_GIMUN |@ValSanMar

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La semaine bat son plein, commençant peu à peu à s’essouffler pour bientôt toucher à sa fin. Prochainement, cette 18ème édition du GIMUN 2017 s’inscrira dans les mémoires de chacun d’entre nous comme un souvenir figé dans le passé. Il est temps de prendre conscience qu’il ne nous reste plus que quelques heures pour profiter de l’ambiance intense des débats et de la solennité du Palais des Nations qui accueillait encore hier la présidente du Chili. Il est temps de prendre conscience que l’expérience humaine dans laquelle nous sommes plongés va bientôt se terminer, et que nous avons probablement manqué quelques occasions de rendre cette semaine encore plus inattendue et sans pareil qu’elle ne l’est déjà. Avez vous saisi la chance de parler à votre voisin qui vient peut-être de l’autre bout du monde et qui n’a pas eu le temps de vous raconter son histoire? Avez-vous eu l’opportunité de partager la diversité de vos opinions avec vos collègues? Dans cette avant-dernière édition, nous vous proposerons notamment de retrouver nos invités d’honneur Didier Péclard et Abel-Hamid Mamdouh. Enfin, il est temps de partager vos avis sur les grandes questions abordées lors de leurs discours. Au plaisir de vous retrouver sur les réseaux sociaux…

Read more about at https://issuu.com/nathborys/docs/thursday_march_30th_gimun_newspaper

The GIMUN Chronicles, 29 mars 2017.

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EDITORIAL.

By Lama El Khamy & Michelle Bognuda
@Lamaelk_GIMUN | @mbognuda_gimun

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There were so many of them, and they all arrived in a mass. They came from all over, at different times and in different ways. Some were tired, some were excited. They were all anxious about what lied ahead. Mostly, they came, because they wanted to pave a better future for themselves and those that they cared about.

So many people wanted to cross the border, and not all of them managed to do it. Some had friends from within the walls and knew what to expect, others had no idea whatsoever of what they would find. They swarmed in, all at once, and the locals were overwhelmed.

However, everything turned to be fine. Indeed, it was an utter success. People from all over the world were together, in the same place, and they discussed freely. They exchanged different points of view and they learned from each other. After a week of debating they unfortunately had to leave the Palais des Nations, because the Annual Conference had come to an end. They
loved it though, and leaving was bittersweet. They left the UNOG as better versions of themselves. Their views and horizons were better and grander than they were on registration day at Uni-Bastions. They promised their new friends to keep in touch, and they promised themselves to apply to GIMUN again the year after.

* * *
Yes, dear delegates and staff, this introduction was indeed about the conference, and not about illegal immigrants. But, Marco Sassoli’s contribution to the Human Rights Committee yesterday struck a nerve with us, and we wanted to tease your mind. As you will see if you check our article about his speech, he talked about diversity and immigration, among other things. And he talked about legal immigration as a possibility of solving a lot of the problems that we hear about, like raft accidents and so forth. If you were not there, ask your friends who were to bring you up to speed.

So, work hard in your committees. Learn how to debate, and use this invaluable skill to tackle discussions and topics such as that of Mr. Sassoli, even with people who don’t have your same frame of mind. We need this now, more than ever. Or, as Director General Michael Møller said, tagging us on Twitter, “faites entendre votre voix, participez dans le débat”!

Retrouvez la suite de notre magazine ici :

The GIMUN Chronicles, 28 mars 2017.

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EDITORIAL.

By Valentina San Martin & Meryl Brucker
@ValSanMar | @MerylBk_GIMUN

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Depuis quelques heures, la conférence annuelle de GIMUN 2017 bat son plein. Vous-mêmes, participants, êtes au coeur de cette expérience qui ne fait que débuter. N’est-il pas excitant de savoir que les débats, mais aussi les évènements post-conférence, vont continuer à se succéder au cours de cette semaine, alors que les rencontres et les discussions ne feront que s’intensifier ? Les articles du jour aborderont des thèmes tout à fait sérieux comme les injections létales ou le maintien de la démocratie. Ceux-ci seront agrémentés de clichés de la journée d’hier ainsi que d’autres divertissements variés. De quoi certainement patienter en vue de se retrouver ce soir autour d’une boisson rafraîchissante pour éventuellement élargir les débats. En ce qui vous concerne, sachez, chers participants, que nous savons que vous avez oeuvré pour cette conférence et que le résultat qui s’ensuit n’a pu être possible que grâce à des efforts continuels de la part de chacun d’entre vous. Il est désormais temps d’en récolter les fruits ou plutôt de «manger le gâteau », comme l’a si bien dit notre cher Secrétaire Général, Charles Bonfils-Duclos, lors de sa dernière interview. Nous voulons que vous savouriez ce gâteau, que vous partagiez ce plaisir via Twitter, Instagram ou même Snapchat ! Nous comptons sur vous pour faire de cette conférence la meilleure expérience genevoise possible car vous l’avez bien mérité. Sur ce mot de la fin, nous aimerions vous remercier pour votre ouvrage.

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